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Sept jours sur sept et 24h/24,
les Strasbourgeois arpentant
la voie publique pourront désormais
être surveillés
par une équipe d'agents
municipaux, qui se relaieront
dans un local spécialement
aménagé de la
mairie. S'ils constatent une
infraction, ils pourront appeler
la police, nationale ou municipale.
"L'objectif est double:
dissuader les délinquants
et permettre à la police
d'identifier a posteriori ceux
qui passent à l'acte",
explique Robert Grossmann, le
président (UMP) de la
Communauté urbaine de
Strasbourg (CUS).
Le système, appelé
à être étendu
au premier trimestre 2004 à
d'autres quartiers de l'agglomération
-à terme, le nombre de
caméras sera doublé-
a été mis en service
vendredi, veille de l'ouverture
du marché de Noël
de Strasbourg où sont
attendus des centaines de milliers
de touristes.
L'an dernier déjà,
le célèbre marché
avait fait l'objet d'une surveillance
vidéo, mais les caméras
avaient été démontées
en janvier en même temps
que les guirlandes. Cette fois,
le système, d'un coût
global de 2,6 millions d'euros,
est appelé à perdurer
après les fêtes.
"Une telle surveillance
peut faire peur, c'est naturel.
C'est pourquoi nous avons mis
en place des garde-fous au-delà
de ce qu'impose la loi",
souligne Francis Jaecki, conseiller
à la sécurité
du maire de Strasbourg.
Fenêtres cachées
Ainsi les caméras, dirigées
par joystick par des "télésurveillants"
qui peuvent les faire tourner
sur elles-mêmes ou actionner
leur zoom, ne permettent pas
de regarder par les fenêtres
à l'intérieur
des appartements: un cache s'affiche
sur les écrans, où
il se déplace de manière
à masquer en permanence
les "espaces privés".
"Nos agents n'ont pas
accès aux paramètres
de ces caches et ne peuvent
absolument pas s'en affranchir",
souligne M. Grossmann.
En outre, les images enregistrées
seront détruites après
96 heures (la loi impose un
maximum d'un mois). Dans l'intervalle,
elles pourront être mises
à la disposition de la
police ou de la justice, sur
demande écrite d'un officier
de police judiciaire ou d'un
magistrat.
Un comité d'éthique,
associant des élus et
des "représentants
de la population", sera
mis en place dans les semaines
à venir pour veiller
au respect de la loi du 21 janvier
1995, qui a ouvert la voie à
ce type de dispositif, promet-on
encore à la CUS.
Le système est assez
comparable à celui installé
à Lyon en 2000 par le
maire de l'époque Raymond
Barre (app. UDF), et que l'actuelle
municipalité socialiste
de Gérard Collomb a largement
étendu au printemps 2003.
Cela n'empêche pas l'ancienne
maire (PS) de Strasbourg Catherine
Trautmann de faire part de son
"inquiétude"
face à une "systématisation"
de la surveillance. "Filmer
ponctuellement une foule, où
les actes de délinquance
peuvent être nombreux,
je peux le comprendre",
admet Mme Trautmann. "Mais
avec une surveillance aussi
systématisée,
la sécurité, qui
devrait être une liberté,
devient un enfermement".
Pour son collègue de
l'opposition Jean-Marie Brom
(Verts), c'est "Big Brother"
qui se met en place. "On
ne filme pas les délinquants,
mais ceux qui pourraient le
devenir: nous sommes tous suspects",
estime-t-il.
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